FR lesdnj.com, Xavier Prévost (dec.2015)

Deux ans après la publication du premier CD, le groupe revient, avec un nouveau batteur (le précédent était Guilhem Flouzat). La musique, très lyrique (Italie oblige ?) est des plus élaborées. Raffinement mélodique, conduite minutieuse des voix dans l’arrangement, équilibre et vitalité du tandem basse-batterie, c’est du grand artisanat d’art, et même du grand Art. Le contrebassiste, Matteo Bortone, qui s’est établi à Paris voici une dizaine d’années, et qui a suivi le cursus du département de jazz du CNSM, a manifestement le goût de l’élaboration, sans jamais perdre de vue la pulsation collective et vitale qui fait le jazz. Il tient sa place, exactement, mais sans se laisser déborder par un ego de leader. Le guitariste, Francesco Diodati (entendu récemment au disque et au concert avec Enrico Rava), n’hésite pas à dynamiter la musique quand l’intensité l’exige, y allant même de la voix pour attiser l’expression. Quant à Antonin-Tri Hoang, auquel le réenregistrement donne une présence plurielle (sax alto et clarinette basse simultanément par exemple), il contribue très largement à la densité musicale de l’écriture, et ses interventions de soliste portent loin la qualité de l’ensemble. Quant au batteur Ariel Tessier, nouveau venu dans le groupe, et qui s’impose chaque fois un peu plus dans le milieu du jazz comme un valeur très sûre (avec Pierrick Pedron, Riccardo Del Fra, PJ 5, Enzo Carniel), il magnifie par son énergie stimulante, par son subtil à propos et la riche sonorité de ses fûts, une projet éminemment collectif, qui évolue sur les hauteurs du plaisir musical. Et pour couronner le tout, aux compositions du contrebassiste, s’adjoint une reprise déjantée de Houses of the Holy, un thème de Led Zeppelin conçu pour l’album éponyme de 1973, mais qui ne fut finalement publié que deux ans plus tard dans l’album « Physical Graffiti ». Bref avec ce nouveau disque, la qualité du groupe est plus que confirmée!