FRA Telerama, Michel Contat (mar.2004)

Quand on pense au succès populaire de la clarinette au temps de Benny Goodman et d’Artie Shaw, on se demande pourquoi diable l’instrument a ensuite átá sinistrá dans le jazz… au seul profit du saxophone, rágnant sur le be-bop et ses suites. La faute à Charlie Parker? A John Coltrane? Le fait est qu’aucun clarinettiste n’est venu relever le dáfi des nouveaux styles. Buddy De Franco, Eddie Daniels ont átá les seuls à illustrer le bop et l’après-bop en jouant exclusivement de la clarinette en si bámol, comme si le “biniou” souffrait d’insuffisances.
Francesco Bearzatti, saxophoniste tánor formá à la clarinette et qui alterne fort bien les deux, dámontre que rien n’empêche la clarinette de se faire entendre dans le jazz d’aujourd’hui, toute de vigueur, de nerf, et d’un lyrisme neuf. Son dáliá, sa sonoritá boisáe se mêlent dans une subtile alchimie aux couleurs qu’extirpe Emmanuel Bex de l’orgue Hammond B3. Au tánor, Bearzatti est un fonceur qui se retient, ce qui donne à son jeu une ánergie captivante. On remarque aussi, sur deux titres, les interventions muscláes autant qu’intelligentes du tromboniste Mauro Ottolini. Et tout au long du disque, le drive tout en souplesse d’Aldo Romano. Seule ráserve: deux ou trois compositions un rien banales, sur les onze.
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